Mercredi 16 juin 3 16 /06 /Juin 18:44

En gros :

 

Elle vous a plu, cette course de pneus ? Oui, parce que nous avons assisté à une course de pneumatiques, là, vous en avez bien conscience. Encore bien plus que d’habitude. Pour l’emporter, fallait-il avoir la meilleure voiture ? Le meilleur pilote ? Cela pouvait aider, en effet, mais l’on a bien vu, au fond, qu’il s’agissait d’une toute autre histoire, puisque sur ce circuit précis, une Ferrari semblait pratiquement valoir une McLaren ou une Red Bull (ce que, je l’espère, vous ne croyez pas un seul instant, n’est-ce pas ?), et, surtout, une Toro Rosso pouvait se hisser jusqu’en tête de file avec un suisse à son volant. En fait, pour l’emporter sur ce tracé de Montréal, ce qu’il était primordial de savoir, c’est à quel moment fallait-il avoir des pneus tendres ou bien des pneus durs, et saisir le moment le plus opportun pour passer des uns aux autres. Point barre.

 

Moi j’aurais tendance à hurler que de toute façon, ils nous emmerdent avec leurs histoires de pneus. Et gnagna tendres, et gnagna durs, et gnagna température, et gnagna graining. Au feu, tout ça, on n’a qu’à supprimer les pneus et puis c’est marre ! Enfin bon, apparemment, le suspense, aussi artificiel soit-il, est à ce prix, donc va pour la pneumotactique.

Et sur cette question-là, on l’a vu, les cerveaux ont fumé dans les paddocks, il s’agissait de faire preuve d’intelligence, de finesse, et de faire parler l’expérience. Le résultat était donc tout à fait prévisible : les Red Bull se sont lamentablement vautrées. Et que l’on ne me ressorte pas cet argument en bois moisi selon lequel le tracé Villeneuve (comment ne pas assister à des courses absurdes avec un tel nom) ne conviendrait pas à leurs monoplaces, parce qu’en ce qui concerne le cas particulier des Red Bull, un circuit qui « ne leur convient pas » est simplement un circuit sur lequel ils ne collent pas plus de 2 dixièmes au tour environ à la concurrence. Parce que, figurez-vous, sans un avantage conséquent, ces gens-là sont incapables de concrétiser. Il faudrait nous voir pleurer sur les modestes performances de Vettel et Webber ? Mais bon sang, ils ont joué la pole position en pneus durs face à Hamilton et Alonso en tendres, et il s’en est fallu de peu pour que Webber détrône le premier. Et Button, 5e sur la grille, il avait la meilleure voiture, aussi ? Non, franchement, Red Bull en 2010, c’est un aveu de handicap intellectuel. On a l’impression de revivre 1997, sauf que Vettel et Webber s’y mettent à deux pour échouer avec leur avion de chasse, là où Villeneuve se débrouillait tout seul avec sa maladresse et son inexpérience. Et en face il y avait Schumacher, n’est-ce pas.

En ces temps où la F1 semble ne plus se résumer qu’à la question technique et technologique, où le facteur humain paraît ne plus tenir qu’une place infime dans l’établissement d’une hiérarchie, on se demande souvent où se loge le « talent pour la F1 ». Celui qui différencie les grands des petits, les puissants des misérables (je parle d’aura, ici). Et même si ce concept a encore du sens. Eh bien, Red Bull nous prouve que toute la technologie et tout le pognon du monde ne suffisent pas à faire gagner des pilotes qui eux-mêmes n’ont pourtant plus grand-chose à prouver de leur vélocité. Il demeure encore un talent, une sorte de fluide mystérieux dont la logique met en échec tous les simulateurs et ordinateurs de la création humaine. Si ce fluide, que l’on aura tôt fait de nommer « intelligence de course » (mais qui à mon sens est encore à l’étroit dans cette appellation), reste extrêmement compliqué à décrire et à isoler, on le remarque à coup sûr lorsqu’il est absent. Il s’observe en négatif, s’éclaire des actes manqués. Et force est de constater qu’il brillait très fort par son absence chez les Taureaux ce week-end, comme d’ailleurs en de trop nombreuses occasions depuis deux ans, et que non, décidément, Red Bull Racing n’est pas une grande écurie de Formule Un.

 

A part ça :

 

Webber la lui a encore collée dedans, en qualifications, sa grosse queue de kangourou, au jeune Vettel. Et ce constat devient de plus en plus embarrassant à expliquer pour le petit Sebastian. Une boîte sabotée plus tard, Mark était invité à rentrer dans le rang, à une position plus conforme aux attentes de son équipe le concernant. Mais, Webber, tel un boomerang, revient systématiquement dans la figure lorsqu’on le jette au loin. Un départ plein d’intuition, quelques bonds, hop, hop, et il avait déjà rejoint la tête de course. Tout ceci en vain, les stratèges de chez Red Bull ayant déjà frappé la course de leurs poulains du sceau de la malédiction, si l’on peut considérer la bêtise crasse comme une malédiction. Sa stratégie « décalée » (rires) vis-à-vis de Vettel aura au moins permis à l’Australo d’entretenir l’illusion d’une victoire possible une vingtaine de tours durant, mais, en contrepartie, elle lui aura interdit de se mêler aux hostilités en fin de course. Avec une stratégie identique à celle de l’Allemand, et lui doté d’une boîte de vitesse neuve (celle deVettel donnait apparemment d’inquiétants signes de faiblesse en fin de course), on peut imaginer qu’il aurait eu la possibilité de filer le train des leaders. A condition, encore, de se faufiler entre les attardés avec plus de maestria que ne le fit son futur génie d’équipier, qui perdit d’une traite une poignée de secondes, et tout espoir de se battre pour la tête. Mais au fait, qu’espéraient-ils, en donnant cette stratégie à Mark ? Que lors de son second relais, avec des pneus durs déjà pas mal usés, il parvienne à créer un gouffre de 20 secondes sur les grognards concurrents dont les gommes comptaient moitié moins de tours ? Quand ils ne chialent pas sur le manque de performance de leur monoplace à Montréal, il me semble qu’ils frôlent carrément l’optimisme béat, dites donc, les hommes de Christian Horner. Enfin bon, deux stratégies, chacune également mauvaise, voilà le tour de force de Red Bull sur ce Grand Prix, et ce à quoi elle se résume.

 

Ah, le beau week-end de McLaren. Il parait qu’il faut glorifier leur séjour Québéquoué ? Eh bien allons-y pour la gloire. Pole position de Lewis Hamilton ? Oui, avec moins d’essence qu’il n’en faut pour rallier le parc fermé, ce qui est pourtant condition sine qua non et avec laquelle toutes, je dis bien toutes les écuries se débrouillent, parce que c’est la règle, justement, mais eux, non. En sus, un tour de passe-passe leur permettant de n’être pénalisés que d’une amende largement honorable pour une équipe avec de tels moyens. L’esprit du règlement, ou même l’esprit sportif, là-dedans ?  Il faudra se torcher avec cette fois-ci. Gloire ensuite à leur choix tactique concernant les pneus : le même que 5 des 8 autres voitures ayant pris part à la Q3, pas exactement très original donc. Gloire enfin à leur sublime vélocité : à peine meilleure que celle des Ferrari, pourtant à la rue depuis… combien de temps déjà ? Et qui pourtant n’attendent d’amélioration majeure que pour Valence. Dans leurs valises, aussi, un arrêt au stand de Hamilton très inférieur à celui d’Alonso, ce qui permet au Rouge de repartir côte à côte avec le Britannique, et de l’avoir au petit jeu de l’intimidation. Hamilton reprendra son bien, mais en ligne droite, grâce au super moulin de chez Merco et merci le F-Duct. Dans la valise particulière de Button, il y aura le souvenir d’une qualification en forme de véritable mise en purée de son amour propre par son propre équipier. En course, si les choses semblent s’équilibrer quelque peu, comment tirer une conclusion définitive étant donné le temps passé par chacun d’eux à économiser ses gommes. Reste qu’en tête du championnat, il y a Hamilton, que celui-ci donne l’impression d’être en phase ascendante, et que si les Buttonophiles auront beau jeu de se retrancher derrière une très hypothétique position d’attente adoptée par leur favori, il viendra un moment où la douloureuse sensation selon laquelle Jenson aurait simplement la tête bien callée sous la botte crottée de son équipier se fera plus intense.

 

Ferrari est de retour. Sortez le champagne, une des voitures Rouges est…3e. Autant offrir un cigare bon marché à Fidel Castro. Et encore, merci Montréal pour avoir nivelé les valeurs. A part ça, l’illusion d’une lutte pour la pole position, une bagarre au coude à coude dans les stands avec Hamilton avant un double enrhumage par les McLaren boys. Et je ne parle que de la meilleure, celle d’Alonso. Parce que celle de Massa, il faudra laisser tomber pour cette saison. Oh, il ne dort pas, c’est le moins que l’on puisse dire, mais dans son empressement à redresser la barre, il fait n’importe quoi. Qualifications compliquées (c’est l’euphémisme pour « branlée »), victime d’une imbécillité de Liuzzi (pléonasme) qui croyait manifestement avoir enclenché le mode « invincibilité » dans un mauvais jeu vidéo, mais « bien remonté » (11e, hein, c’est une remontée de Massa)  par la suite, ce guignol fiche tout en l’air en venant proprement s’empaler sur son mentor Schumacher, pour la modique somme d’un aileron avant. Mais comme ça ne suffisait pas à salir une réputation qu’on situe environ entre un sketch de Mr Bean et un mauvais Pierre Richard, Felipe, en mal de photographies flatteuses, se fait flasher dans les stands en rentrant pour réparation. Alors, Massa jusqu’en 2012, pourquoi ? Est-ce qu’Alonso, finalement, aurait l’intention de ne pas s’éterniser du côté de Maranello, auquel cas Felipe serait l’élément stabilisateur (c’est vrai que les trucs pour stabiliser, en général, c’est planté bien profond dans la terre, en dessous de tout) ? Ou bien Alonso aurait-il pris les reines de l’équipe, exigeant dans un même mouvement une paix royale que manifestement Massa, qu’il le veuille ou non, est à même de lui procurer ? Ou bien Ferrari est-elle consciente que les difficultés du Brésilien ne sont pas de son fait, et misent encore sur lui à l’avenir ? Il n’empêche, à la fin de la saison, il risque d’être bien compliqué de ne pas retenir le fait que jamais, pas une seule fois, Massa n’a semblé en mesure de présenter à Alonso un autre visage que son postérieur offert aux fessées passées, présentes, et à venir.

 

Il faudra un jour que des psychologues compétents se penchent sur l’effet Schumacher. Précisément, sur ce que l’on pourrait appeler le « conditionnement Schumacher ». Lorsqu’à l’écran a lieu un corps à corps un peu musclé entre un pilote lambda et Maïkeul, et que ce combat tourne un peu mal, une sorte de réflexe irrépressible nous fait nous écrier « oh, quel salaud ce Schumacher ! ». Une fois de plus, Michael aura provoqué de véritables crises d’hystéries sur les canapés. Combien de fois, ce week-end ? Kubica, Sutil, Massa… Et pourtant, une fois que toute cette tambouille a refroidi, et qu’on se saisit de Youtube pour analyser les ralentis, ben zut alors, « y avait rien, en fait ». D’ailleurs, malgré trois touchettes, pas une seule fois les commissaires ne l’ont mis en cause. Kubica se montre au moins aussi rugueux que lui, et d’ailleurs le Polonais ne passe pas non plus sa chicane, preuve que Schumacher avait bien tout intérêt à prendre la tangente à gauche. Massa ? La vue en caméra embarquée du Brésilien est accablante pour Felipe. Sutil ? Il veut bien laisser la place pour une autre voiture, Michael, mais plus, faut quand même pas pousser pépé dans les orties (vers la sortie, par contre, c’est à réfléchir).

Il n’empêche, reconnaissez tout de même qu’il est d’une autre trempe (dans la gueule, d’ailleurs, il la leur met) que ses collègues. A chaque fois qu’un pilote approche de Schumacher, on sait que ça va chauffer, et on a le palpitant qui joue comme un roulement de grosse caisse dans notre poitrine. La différence avec les années précédentes, c’est que c’est plus souvent pour dépasser Mr Septuple que le contraire. Sur la piste, dès que l’heure est au combat rapproché, on ne peut pas, jamais, envisager Schumacher comme n’importe lequel de ses congénères. Il faut inventer d’autres trajectoires, faire preuve de plus d’autorité, rassembler tout son sens tactique, sortir ses meilleurs réflexes, et, surtout, prévoir un futal de rechange. En somme, il tire le plateau vers le haut. Et pourtant, que retiendra-t-on de son week-end ? Sa performance arthritique en Q2, le souvenir de l’avoir vu, tel Jesus, distribuer des pains à ses petits camarades, et sa position, loin, tellement loin de là où les points comptent. Ceci dit, on ne lui fera pas non plus l’insulte de l’avoir trouvé bon. Lent, en Q2, il l’était bel et bien. Et s’il était rapide en début de course en pneus durs, sa touchette avec Kubica, qu’il pouvait fort bien éviter, a tout bousillé. Non, vraiment, il est tout cramé, le Vioque, sa prolongation de contrat est la deuxième erreur de Mercedes. La première étant de l’avoir embauché dans de telles conditions.

En ce qui concerne Rosberg, je trouve extrêmement forts de café ceux qui critiquaient le manque d’envergure de Heidfeld et qui chantent aujourd’hui les louanges de ce pauvre petit blondinet. Mais il était où, Nico, après ses brillantes qualifications où même lui semblait gêné de se voir si haut sur une telle poubelle ? Il n’existe pas, ce mec-là, incapable qu’il est de mettre un terme définitif à la carrière d’un grabataire.

 

On a trouvé la nouvelle panacée, c’est le changement de châssis. Résultat, même une tanche comme Liuzzi peut taper une valeur surcotée comme Sutil. Et, avouons-le, ça fait bien plaisir de voir les choses remises correctement en perspective. Sutil n’a jamais été un « top driver », comme on dit avec un chewing-gum dans la bouche pour mieux prononcer. Battu par Fisichella, dont l’Histoire regorge de preuve indiquant qu’il n’est pas un génie du pilotage, et sauf quelques coups d’éclats sur piste humide, Adrian n’a, jamais, rien, prouvé. Lorsque l’on se rappelle qu’un Heidfeld est sur la touche, et aussi des quelques autres talents qui garnissent les tribunes, il y a de quoi s’interroger sur les ambitions de Force India, dont la voiture mérite clairement mieux que cet ersatz de duo, et leur pianiste peut bien nous la jouer en majeur ou en mineur, même en variant le ton, il ne nous fera pas croire à la Légende qu’il a composée pour lui-même. Ceci dit, même si l’on remercie Kubica de son soutien, on ne lui en veut pas au point de tenter de le couper en deux à l’entrée des stands, tout de même.

 

Chez Renault, on commence à mesurer avec précision la validité de leur choix concernant le si convoité second baquet de l’écurie, un siège si confortable que les carrières respectives de Trulli, Fisichella, Piquet Jr et Grosjean s’y sont (définitivement pour certains) assoupies. Vitaly Petrov, donc, échoue en Q2 à 1.2sec de son équipier (une paille, quoi), et saborde deux fois sa course. Pas mal, pour un si jeune loser. On a du mal à lui en vouloir pour son départ anticipé, on sait bien que partir avant tout le monde est sa seule chance d’arriver pas trop longtemps après tout le monde. Mais, hélas, le règlement est ainsi fait, on ne peut pas. Quant à tenter de précipiter la fin de carrière de De La Rosa, c’est une noble intention, dans le cas précis de Petrov, on préfèrerait qu’il commence par balayer devant sa porte où s’accumulent quand même déjà quelques casseroles, voire deux ou trois cuisines équipées, soyons clairs. Quant à Kubica, une manœuvre de bourrin face à Schumacher, une tentative de meurtre sur Sutil punie d’une pénalité, mais 6 points quand même et un meilleur tour en gommes tendres et neuves, ça donne une idée du niveau de la concurrence.

 

Oh, on reparle de Toro Rosso. Il faut dire que leur Suisse a mené la course un tour durant, et qu’il a fini 8e. Non seulement il s’agit de leur meilleur résultat de l’année, mais, surtout, pour une fois, cette équipe brille pour autre chose que les blocages intempestifs d’Alguersuari, qui est un pilote dont l’intérêt est si nul qu’aucune caméra n’est parvenue à capter son accrochage avec Barrichello (pénalité pour l’Espagnol). Et pourtant, celui des deux Taurillons qui se trouve sur la sellette, c’est Buemi, que l’on prie de hausser le ton s’il lui plait, parce que sinon c’est dehors. Et l’on s’interroge. Buemi, rappelez-moi, c’est bien celui sur qui la malchance s’est systématiquement abattue, tandis que son sublime équipier a toujours bénéficié d’une moule d’enfer et de combats rapprochés avec des cadors lui permettant de laisser penser que, peut-être, il serait leur égal ? Oui, voilà, donc c’est bien le même qui a tapé 7 fois sur 8 Alguersuari en qualifications à matériel égal, on parle bien du même. Bon, c’est une Red Bull bis, n’est-ce pas, dès lors certains raisonnements, pour incompréhensibles qu’ils soient, étonnent nettement moins. Au passage, Buemi est le seul pilote qui soit parvenu à doubler Dieu proprement, comme quoi ce genre de chose existe, avec un peu de doigté. J’dis ça, j’dis rien.

 

Pour le reste, ne m’en veuillez pas, j’y ai vu encore moins d’intérêt. Toutefois, le fameux mur « Bienvenue au Quebec » n’aura choisi qu’un seul élu pour amuser la galerie, mais il l’aura choisi avec goût, puisqu’il s’agit de Kamui Kobayashi, KK pour les intimes de bel athlète dont on se demande s’il parviendra à venir à bout de De La Rosa, vieux et sans le sou, ce que n’importe quel pilote décent aurait fait dès sa première séance qualificative.

Par Ouais_supère - Publié dans : Formula Ouane
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Mercredi 2 juin 3 02 /06 /Juin 18:14

Le Fait :

 

29 mai 2010, Taïg Khris, un attardé mental de 34 ans, bat tous les records de bêtise (la faute aux Red-bulles dans le cerveau) avec une chute libre de 12.5m depuis le 1er étage de la Tour Eiffel en rollers (il fallait y penser) sous les yeux ébahis d’une foule aux couleurs rouge et bleu d’une boisson dégueulasse.

30 mai 2010, deux guignols pareillement sponsorisés tentent et réussissent une chute de 44 points en moins d’une seconde, soit 16 points de mieux, record battu à plates coutures, que le précédent du 22 octobre 1989.

 

On applaudit bien fort nos deux héros, ainsi que leur écurie qui démontre une nouvelle fois sa propension à l’auto sabordage. Rarement une doublette de monoplaces aura à ce point été incapable de plier une saison, tout en ayant 7 courses durant la supériorité nécessaire pour ce faire, et, parait-il, le futur plus grand pilote que la F1 ait porté.

 

Alors, depuis dimanche, le débat, c’est « à qui la faute » ? On a même sorti des pourcentages, on a figé les images pour mesurer les distances parcourues, à droite, à gauche, par qui, qui était devant, qui aurait dû faire ceci, qui n’aurait pas du faire cela. On a interrogé tout le monde, analysé les preuves, notamment parce qu’on a beaucoup trop regardé de séries débiles à la C.S.I. et qu’on s’y croit, totalement, enfermés que nous sommes dans notre bulle internaute, bulle maintenant fermement l’illusion ridicule de notre compétence en matière de F1. Toute cette énergie déployée pour un constat qui hurlait pourtant son évidence dès le départ : Red Bull est une armée de blaireaux au service de deux pilotes incompétents.

 

Une gestion d’écurie « taille patron » aurait prévenu ses pilotes dès l’intersaison, avec fermeté et poings rageurs cognant sur la table, qu’ils peuvent tout à fait se mettre des mandales dans la tronche, mais qu’à la première rayure sur la caisse c’est une torgnole doublée d’une coupe franche dans le salaire pour les deux belligérants (et il n’est pas question de savoir qui a commencé, on n’est plus à la maternelle), et une clause de rupture supplémentaire sur les contrats de la saison suivante (enfin, pour celui qui a un contrat 2011, seul Vettel est concerné apparemment).

Au lieu de ça, on a voulu la jouer vicelard, faire primer l’équipe, et son esprit, forcément fraternel et sans accroc. Par devant. Et par derrière, l’art de figer les positions dans un seul sens, le souvenir de Sepang et d’un Australien benêt qui reste bien sagement à distance respectable du chouchou, les « attention à ta mécanique, mon Webberounet, on ne veut que ton bien », et plus tard, l’art d’expliquer que Mark ne peut être devant que par le truchement d’un châssis endommagé pour l’allemand, bref, de véritables coups de boutoirs psychologiques à l’encontre d’un seul homme qui, pardon de le rappeler, est en tête du championnat.

Le résultat ? D’un côté un crétin qui croit que son équipier aura trop de respect pour des consignes officieuses que lui-même a respectées jusqu’ici pour tenter quoi que ce soit sur lui, a fortiori sur la partie sale de la piste et dans un intervalle minuscule. De l’autre, un jeune con tellement habitué aux faveurs qu’il s’imagine que son adversaire direct pour le titre va lui ouvrir plus que l’espace nécessaire pour s’infiltrer et le gratifier en plus d’une courbette respectueuse.

 

A refuser de trancher froidement mais clairement, avec transparence, au moment de définir les objectifs respectifs de ses pilotes, Red Bull leur a donné des habitudes incompatibles, et nourri entre eux des ressentiments sourds, ce qui ne pouvait mener qu’au désastre, à un moment ou à un autre. Et l’échec d’une telle politique a également conditionné l’éparpillement pathétique des propos tenus par les différents responsables d’une écurie Taureau Rouge complètement déboussolée, incapable de tenir un discours cohérent durant les jours qui ont suivi le triste évènement. Horner, notamment, faisait bien peine à voir, tiraillé de toutes parts, et contemplant bouche bée son bel édifice jusqu’ici immaculé s’effondrer sous les assauts des vindictes de fans éplorés. Ce fut d’abord la faute de Webber qui n’a pas laissé suffisamment de place, et de toute façon il fallait que Vettel attaque car les McLaren menaçaient (ce qui était faux lors de ce tour précis, et complètement stupide dans la logique Red Bull : il est un fait établi depuis la nuit des temps qu’il est plus risqué pour un écurie de laisser ses deux voitures s’attaquer que d’en laisser une aux prises avec une troisième). Et puis l’Australien était en « mode éco » donc c’était le moment où jamais (le moment pour quoi, au fait ? Quelle différence cela fait-il, que Webber plutôt que Vettel soit menacé par Hamilton ? Non, ne répondez pas, c’est purement rhétorique, comme interrogation.). On a d’ailleurs vu à quel point Webber était dans une logique d’économie lorsqu’en fin de course et alors qu’il n’avait plus rien à gagner ni à perdre, il a aligné plusieurs chronos de qualifications. Après quoi, une fois que le F1 Circus eut désigné Vettel comme fautif, et que les accusations de favoritisme à son égard commencèrent à devenir de moins en moins sourdes, ce fut le revirement. Soudain il n’y avait plus de coupable, ou bien tout le monde l’était, parce qu’on est un Team, les mecs, tapez m’en 5, et vient par là Mark que je te claque la bise, et finalement on pourrait bien re-signer pour un an, non ?

Bullshit, personne n’est dupe. Non, Red Bull n’est pas à l’image de sa boisson, ou en tout cas de qu’elle prétend représenter. Red Bull n’est pas une écurie dépositaire du « cool », où tout le monde s’aime et se respecte, et part main dans la main à l’assaut de tous les records. Benetton a essayé,, le coup de la décontraction du gland, Jordan aussi, ils ont vite déchanté. C’en est fini du rêve calibré teenager,  enfin cette équipe touche-t-elle du doigt la réalité du monde adulte et son implacable nécessité de faire des choix et d’agir froidement quitte à passer pour les méchants de service. Et c’est tant mieux, débarrassé de ce carcan qu’est l’image de marque, ils vont enfin pouvoir commencer à bosser sereinement, à condition qu’ils assument ce nouveau statut d’écurie « normale ».

 

Que va-t-il se passer, à présent ? Vettel avait repris confiance en ses moyens, il ne reste plus qu’à voir comment il gère l’adversité directe dans sa propre maison, parce que ça, c’est nouveau pour lui. Et comme il est désormais évident qu’il est moralement fragile et extrêmement nerveux dans le corps à corps sur la piste, rien ne dit que la baudruche dont est faite sa réputation ne continue pas son petit bonhomme de chemin de dégonflage. Question fragilité, il est plutôt inquiétant aussi, le Webber. Sur le podium, c’est bien simple, on a cru que sa mère était morte. Pauv’ bébé, ce n’est quand même pas la perspective d’une engueulade qui le mettait dans cet état-là ? Hey, mec, t’as 33 ans, quand même. N’empêche, il a fait ce que Massa n’a pas su faire à l’arrivée d’Alonso : il a marqué son territoire d’un jet d’urine bien dru à la face de son équipier. Et désormais, si ses performances venaient à décliner subitement, personne ne serait plus dupe des intrigues de coulisse, et il peut légitimement prétendre à un poste de 1er pilote, ailleurs, et tant pis pour le titre (mais qu’est-ce qu’un titre à côté d’un amour-propre intact).

 

 

« Au fait, y avait pas une course, dimanche ? »

 

Si si. Une course aux accents Monégasques, d’ailleurs. Mais un mauvais Monaco. Le spectacle navrant de petits trains de voitures bien alignées les unes derrières les autres, un petit peloton de tête composé des Red Bull et des McLaren, puis, plus loin, incapable de suivre le rythme, le reste, dont il est bien compliqué de tirer des enseignements tellement les pilotes qui le composaient semblaient s’être donné pour mot d’ordre de ne rien branler.

 

Tout allait pourtant pour le mieux chez Red Bull, jusqu’à ce fatidique 41e tour, et ce depuis le début du week-end. Vettel, absolument ravi de son jouet remis à neuf, sautillait gaiement en tête des chronomètres, persuadé que son mojo lui était enfin revenu. Webber, un peu plus loin, observait la scène avec tendresse, le regard amusé et le bâillement régulier, en massant son pied droit dont il ne s’était pas encore véritablement servi. Dès la Q3 toutefois, l’australo mettait gouache, et une barre anti-roulis pliée plus loin, les rêves insensés de domination mondiale du minot prenaient un contour plus terre à terre : il allait d’abord falloir respirer les flatulences de Lewis avant de commencer à envisager de sauter plus haut que le Kangourou, mais après tout, rien ne lui était plus impossible à présent qu’il s’était convaincu lui-même que ses vives douleurs au postérieur contractées lors des deux derniers Grand Prix ne lui étaient pas imputables. Ce qu’il fit, dès le départ, avant que Hamilton ne lui rappelle immédiatement en le contournant par l’extérieur que le coup du marmot aux dents qui découpent le bitume, il a déjà pratiqué, et qu’il ferait mieux de retourner derrière pour regarder faire les grandes personnes, ce que ce bon Tettel, un brin éberlué, fit bien sagement. Mais, comme quoi la chance, ça va, et parfois ça vient (même pour Sebastian), un arrêt catastrophique de Lewis lui offre une seconde place  de cocu derrière Webber, et c’est alors que le spectacle commence. Non je déconne. Pour le spectacle, il faut attendre une vingtaine de tour, le crash, et là, oui, avouons que depuis, on se marre bien sur les forum. Pour ce qui concerne la performance globale, Vettel était-il le plus rapide ce week-end ? Pas vraiment avec les gommes tendres, puisqu’il semblait avoir un peu de mal à s’accrocher (il s’est rattrapé plus tard) au wagon de tête, mais on peut supposer que oui après changement de pneus, puisque l’Australo fut incapable de décoller de ses fesses sa chère petite crotte Allemande (Au moment où j’écris ces lignes, Autosport fait savoir que d’après Horner, Webber était en délicatesse avec ses pneus et aurait demandé à Vettel d’arrêter de jouer les ventouses, donc, au final, il n'est plus question de carburant  et de cartographie moteur, mais bien de gommes. Soupir.).

 

Aaah, McLaren. Sa gloire, sa Légende, les duels homériques qui se déroulèrent jadis en son sein voluptueux. Du coup, comme un mauvais réflexe, dès que deux de ses pilotes se sentent pousser des cojones, les gâteux, comme les néophytes qui ont lu 4 fois Auto Hebdo, nous la font roman photo, et dépoussièrent, en les nourrissant de toute la mythomanie nécessaire, les images d’Epinal. Ah, ce qu’ils se sont fait du bien, en évoquant les bagarres d’Ayrton Prost et d’Alain Senna (oui, à force de rabâcher, tout se mélange un peu dans un flou artistique rose bonbon, jusqu’à la nausée). C’est que Hamilton et Button nous l’ont jouée frotti-frotta, plein de ces ardeurs qui sont l’apanage des jouvenceaux en rut à l’aube de déculotter une victoire aux airs bourgeois qui feint de se moquer d’eux depuis si longtemps. Et qui plus est, que demande le bon peuple, on pourra qualifier la manière de sublime puisque leurs ébats resteront platoniques, et les bonnes moeurs respectées : point de contact entre eux. Peut-on, doit-on gâcher la rêverie des spectateurs déjà moites dans leur caleçon en rappelant qu’au temps d’avant, de ces grands gentlemen que furent Prost et Senna, au moins l’un d’entre eux aurait fini dans le décor, ou bien ils se seraient copieusement (mais poliment) insultés par micros interposés avant de se faire la tronche pendant des mois, et en tout cas nulle radio n’aurait jamais eut le cran suicidaire de conseiller à l’un d’entre eux de ralentir pour cause de carburant manquant. On a eu de l’action sur 200m, ce qui n’est déjà pas si mal, inutile d’en faire des caisses et d’en appeler aux Dieux du ciel. A part ça, les circonstances de course rendent une nouvelle fois impossible de prouver que Button n’aurait pas mangé une ratatouille de dixièmes, tout comme son contraire, puisque l’un a toujours été bridé par une Red Bull (de quoi déboucher le champagne à Woking, au passage), et que l’autre est toujours resté à distance égale. Sans oublier le fait que la radio a fonctionné à plein, pour l’un comme pour l’autre. Il faudra encore attendre pour conclure sur cette cohabitation, et c’est bien en cela qu’il est fort, ce Jenson, très fort.

 

Il nous emmerde, Maïkeul, à brouiller les pistes, comme ça. Impossible à cerner, sa vitesse de pointe. Une chose est sûre, s’il a encore tapé Blondie en Q3, il a largement donné l’impression de ralentir la meute une bonne partie de la course, meute à la tête de laquelle se trouvait Rosberg. Oui mais voilà, une nouvelle fois, son équipier, lorsqu’il a eu piste libre, s’est montré incapable de hausser le ton pour repartir devant. L’écart entre les deux n’a jamais excédé les 3.5 secondes, et fut souvent proche de la seconde. Donc Rosberg était gêné derrière Schumacher ? Lui le dit, parce que c’est un petit insolent. Oui mais Mr Septuple, lui, affirme avoir roulé tranquillement en gardant du jus sous la semelle « au cas où » (et ça, Alonso sait ce que ça veut dire). Qui croire ? Probablement les deux. Une seule conclusion qui vaille au sortir de cette ballade Turque : la Mercedes est plus lente que la Renault, et ça, les gars, j’espère que vous en avez le rouge aux joues. Pire : à voir rouler, la MGP W01 est d’une laideur à faire vomir. Elle a des airs de paquebot gris-poussière, pataude, lourde, incapable de porter avec la dignité nécessaire le certes lourd palmarès de son hôte principal.

 

A propos des Rouge, il était très instructif, le week-end des Ferrari. Ca y est, nous y sommes, Massa est revenu au niveau de son équipier : les voilà à présent aussi minables l’un que l’autre. Histoire de se donner du courage dans une configuration qu’il connaît et maîtrise, Fernande avait encore choisi de partir de loin, pour nous gratifier d’une de ces remontées dont il a le secret. Sauf que cette fois, sa remontée restera secrète jusqu’à la fin puisqu’on n’en a rien vu. Quel magicien. Enfin, si, on a du apercevoir Kobayashi puis Sutil s’arrêter au stand, c’est vrai, et on a vu le sublime dépassement de… Vitaly Petrov (qui doit probablement manger avec Alguersuari à la cantine) derrière lequel Alonso patientera près de 40 tours pour porter une estocade merveilleuse, à faire passer les coups de boutoirs de Rocco Siffredi pour une douce brise matinale. Une fois le Ruskov à l’infirmerie, en route pour la gloire, et les échappements de son cher équipier, qu’on n’a pas vu non plus parce qu’il a jeté l’encre dans une narine de Kubica (une Renault, encore) et s’est laissé traîner tout du long. Mais pas d’inquiétude : des améliorations sont prévues pour Valence, et mathématiquement rien n’est joué. Si lui y croit, après tout. En attendant, une frange des Tiffosi le déteste déjà et le traite de feignasse incapable, tandis que Domenicali continue de border Felipe tous les soirs en lui promettant des lendemains qui chantent. Ambiance. On va se marrer, je vous promets qu’on va se marrer, sous peu, je la sens, la colère de Fernand, je la sens qui monte…

 

A part ça, comme je le disais plus haut, les Renault ont semblé dans le rythme des Mercedes, et peut-être des Ferrari puisque celles-ci ne parvenaient pas à en venir à bout. Une HRT, celle de Senna, a tenu tête de nombreux tours durant aux Virgin, ce qui devrait servir l’Italo-brésilien à l’heure où émerge la rumeur de son remplacement par… Yamamoto (oui, moi aussi je trouve Sakon). Par contre, Di Grassi garde sa place à coup sûr, preuve que ses sponsors sont les bons. Et puis… c’est tout, et de toute façon on s’en cogne parce que Webber et Vettel se sont accrochés, je vous rappelle, et d’ailleurs, vous, vous en pensez quoi de tout ça ?

Par Ouais_supère - Publié dans : Formula Ouane
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Mercredi 26 mai 3 26 /05 /Mai 11:37

Une nouvelle tétine pour Tettel

 

On a pu lire ça chez Autosport, notamment, Vettel devrait se voir confier un nouveau châssis, après qu'un "problème", évidemment indéterminé, a été (j'ai vraiment du mal avec cette règle du "après que" + indicatif, ce que ça peut être moche) détecté sur celui utilisé jusqu'ici. C'est la nouvelle mode, apparemment. Mais tout de même, ça tousse un peu dans l'assistance.

 

Voilà, évidemment nous y sommes, il fallait bien trouver une raison au fait que le petit Mozart de la discipline se soit fait trouer avec une telle limpidité lors des deux derniers Grand Prix. Admettre l'hypothèse selon laquelle la grande intelligentsia des bouffeurs de pop-corn ait pu faire fausse route en déifiant le marmot avant d'en savoir un peu plus sur son compte, non, ça, ça relève de l'impossible. Et tant pis pour ce nase de Webber qui n'a plus qu'à se doter d'un charisme pour exister malgré plusieurs performances de rang.

Il n'empêche, ça fleure bon le châssis placebo pour Vettel. Et l'impression que le Seb a, peut-être, simplement perdu les pédales et sa belle confiance en lui face aux éléments forcément contraires que constituent une conception made in Newey fragile comme du verre et un équipier qui, lui, en a soupé des remises en question et se contente à présent d'envoyer puissamment le boulet direction le firmament.

Un pilote ne gagne pas à faire son auto-analyse, à trop regarder en lui il oublie de viser haut et loin. Il doit demeurer (ils le sont tous à peu près, demeurés, d'ailleurs) tête dans le guidon, persuadé que tout ennui ne peut prendre source que d'éléments extérieurs à lui-même, puisque lui, forcément irréprochable, est une machine à gagner des courses. On se souvient de Prost qui pouvait accuser deux autocollants non symétriques d'être responsables d'une de ses nombreuses non-victoires. Ainsi chez Red Bull tente-t-on de convaincre Vettel qu'il existe une raison technique à ses débâcles.

Autant dire que si c'est un échec, la saison de minot risque fort de lui paraître bien longue.

 

Welcome Texas Rangers

 

Ca y est, les Etats-Unis, via Austin dans son beau Texas, retrouvent leur ticket pour la F1, et on en prend pour un sacré bail: de 2012 à 2021. Et les organisateurs, eux, en prennent pour cher, puisqu'il s'agirait d'un circuit totalement nouveau, dessiné pour la F1 spécifiquement. Ambitieux, mais au fond, à quoi bon?

 

Je ne comprends pas cette manie de planter des circuits partout alors qu'il persiste, malgré les ronces et l'oubli des masses hurlantes, des vestiges d'infrastructures aux accents merveilleux d'un temps tristement révolu. Le sport auto a besoin de prestige et du lustre du passé. On sait très bien que ce qui nous fait regarder cette bouse week-end après week-end, c'est l'espoir un peu honteux et totalement vain que l'on va vivre, ou re-vivre, quelques uns des plus grands évènements de l'Histoire de la F1, avec soudain notre TV revenue au noir et blanc et des bolides réduits à l'état de cigares roulants au cul baladeur au dessus desquels oscilleraient au gré des bosses des casques même plus intégraux ne dissimulant qu'à grand peine des visages noircis par la poussière.
On sait très bien que ce sont les vieux murs de Monza, de Spa ou de Silverstone en passant par Monaco qui donnent à la F1 sa vibration, parce que par eux résonne encore l'écho du passé.
On veut des temples craquelés, bon sang, pas des tours de verre ni des design futuristes.
Aller voir un GP de F1, ce doit être un pèlerinage, où l'on devrait se signer, faire silence et retenir son souffle à l'instant de pénétrer son enceinte, ne serait-ce que pour ne pas déranger les âmes et les cadavres embaumés de ceux qui ont péri au combat le volant à la main, les yeux grand ouverts et la pédale écrasée par la lourdeur de leur pied droit. Balancez-nous de la sueur et du vieux cambouis sur ces murs, on veut que ça pue la mécanique et les souvenirs, un GP de F1.

Enfin bon. Va pour le Texas, puisque...

Par Ouais_supère - Publié dans : Bréking niouze
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Mercredi 19 mai 3 19 /05 /Mai 16:51

Je suis revenu à temps de Camargue, finalement, et cela doit beaucoup à la générosité de mon entourage, conscient de l’urgence qu’il y a à diffuser ma parole d’Evan Gilles. J’ai donc pu me délecter du fantastiquement léthargique spectacle Monégasque, tous volets fermés, tandis qu’au dehors, des meutes imbéciles sous prétexte de célébration d’un titre national footballistique, mettaient à feu et un peu à sang la Cannebière et ses environs. Je tiens donc à rendre ici hommage à Zerafa, une girafe géante recouverte de milliers de livres, hymne à la culture proposée par l’association Art Book Collectif, et qui périt dans les flammes de la connerie humaine et des fils de pute qui la perpétuent. Sans raison aucune, non, ne cherchez pas à m’en donner, il n’y a pas de raison à ça.

http://art-book-collectif.over-blog.com/

 

Mais parlons F1.

 

Le fait :

 

En même temps, on ne peut pas d’un côté se réjouir de voir le vieux Schumacher retrouver quelques réflexes, et de l’autre reprocher à la FIA de faire de même, n’est-ce pas ?

Il n’empêche, quelle sublime célébration d’un autre temps pas tellement ancien que cette affaire Schumrascasse.

 

Comme prévu, Mr Septuple aura passé son week-end à envoyer gentiment bouler les gratte papelards qui, bave aux lèvres et langue de péripatéticienne, rêvaient d’arracher ses aveux concernant la fameuse Tragédie de la Rascasse (édition 2006), qui sur l’instant provoqua une vague de suicides assez notable chez les aficionados d’Alonso, et, dès le lendemain, une épidémie de priapisme chronique chez les Schumifans spectateurs de sa spectaculaire remontée. Tout ça, c’est du passé, tournez donc la page, leur conseilla-t-il.

Avant de leur proposer, et pour pas un rond, un second chapitre qui entre directement au Panthéon des suites réussies (c’est même mieux que l’Empire Contre-Attaque, promis), et du grain à moudre pour les quinze prochaines années.

Puisque le premier épisode pêchait par ses effets spéciaux un peu foireux et un jeu d’acteur si expressivement convainquant qu’il ferait passer Steven Seagal pour Jim Carrey (« Oh, zut. Je m’ai trompé de sens pour tourner le volant. Catastrophe. J’ai tapé. »), il fallait frapper fort pour la séquelle, et surtout jouer la carte du réalisme et de la spontanéité.

Une arrivée sous régime de voiture de sécurité, le machin 40.13, un Safety Car qui s’efface comme prévu, etc, oui mais : là, agités comme une cape devant un taureau ibérique, des drapeaux verts et le popotin racoleur et ballotant d’Alonso qui semble soudain montrer une voie, un interstice, étroit mais suffisant. En un éclair, l'allemand se faufile, avec la fougue d'un jeune homme, dans l'intervalle miraculeux.

La suite, vous la connaissez, Brawn qui monte au créneau, Domenicali aussi, chacun défend son bout de gras et Ferrari obtient réparation du haut préjudice causé à sa Grandeur Alonsissime. Un appel, puis non finalement, et on verra plus tard. Grâce à Schumacher, Monaco s’est éveillé, et le règlement est en voie d’être revu par une FIA un peu penaude sur ce coup. C’est bien la preuve que la F1, c’est Lui, non ?

 

Le reste :

 

Sinon, ce que l’on a vu chez Mercedes, dans cette course, c'est un Maïkeul détendu, qui a géré de bout en bout en attendant son heure éventuelle. Tout juste sortait-il de son sommeil pour répondre à un Rosberg soucieux de se dégourdir un peu, qui signait quelques chronos pour la forme. Le vioque l'a systématiquement renvoyé dans les cordes. Et ça, c'est l'indice qu'il n'était pas inquiet sur sa propre capacité à envoyer le boulet dès que cela s’avérait nécessaire ou même plaisant. Preuve est faite, empattement court ou empattement long, quand on ne lui colle pas une monoplace tordue en U, il sait conduire.

Plus inquiétante fut tout de même son incapacité à rosser le freluquet en qualifications. Sa proximité chronométrique vis-à-vis de Rosberg en Q3 ne doit pas faire oublier que Blondie avait fait mieux encore en Q2. Mais Nico parvint dimanche à flinguer sa course en deux fois. D’abord en ne parvenant pas à s’extraire de la grille avec autant de promptitude qu’un quarantenaire, et ensuite en persistant 3 tours derrière Webber plutôt que de s’arrêter pour changer de gomme et conserver ainsi l’avance créée par ses quelques tours en piste libre, ce que n’importe quel individu doté d’un cerveau commun de 1370g, ou même son bourrin de père (c’est dire), eut fait à sa place. Une nouvelle manigance du Docteur Ross ?

 

Approchez, approchez, nez rouges, flonflons et tartes à la crème, le petit cirque itinérant de chez McLaren était en démonstration ce week-end. Plus cocasse encore que jouer du violon avec des gants de boxe : piloter une MP4-25 démesurée dans les étrangloirs Monégasques. Hamilton et Button s’acquittèrent péniblement de cette tâche, avec plus ou moins (je vous laisse distribuer les rôles) de dextérité, mais ne réussirent qu’à s’approcher suffisamment des Rouges pour les voir pouffer de rire. Et merci Alonso d’avoir si brillamment sauvé l’honneur fléchissant de Woking en EL3. Le privilège de jouer la clownerie majeure revint à l’artificier Button, puisqu’il menait le championnat : on savait qu’il roulait régulièrement avec des pneus sous cellophane pour éviter de les user, cette fois-ci il a tenté de protéger ses pontons des horribles moustiques Monégasques, gavés de sang vicié par le luxe et la paresse, en y laissant une couverture rafraîchissante parfumée à la citronnelle. Chez McLaren, on a oublié que si l’on se met un sac plastique sur la tête, certes on garde les cheveux propres, mais on étouffe, et puis on meurt, aussi. Pan ! le moteur Mercedes, les cendres de la veine insolente de Jenson prenaient leur envol dans un nuage gris, dont les répercutions possibles furent analysées par une dizaine de compagnies aériennes paniquées.

 

Et de deux pour l’Australo. Les prophéties de débâcle face à Vettel en tout début de saison, les rumeurs de son remplacement imminent chez Red Bull, les railleries appuyées sur son comportement bourrin et son étonnante capacité à tout gâcher lorsqu’il a les cartes en main, tout ça, ça ne lui a pas plu, à Webber. Mais alors pas du tout. Ceux qui ont appris l’art de regarder une course de Formule 1 savent depuis longtemps ce que certains experts eux-mêmes refusent de voir en face : Vettel n’a jamais fourni la preuve incontestable d’une rapidité supérieure à celle de Mark, sinon lorsque Skippy perdait la boule et noyait sa Red Bull sous des torrents d’actes manqués. Il fallait urgemment que Webber mette la tête de ses détracteurs absurdes dans leur propre caca, c’est chose faite. Monaco, circuit de funambules, triant le bon grain de l’ivraie, a vu le Grand Mark s’envoler chaque fois que le SC, qui semblait faire exprès de lui ramener tout le monde dans les fesses tout le temps, voulait bien s’effacer. Vettel, lui, luttait pour ne pas se faire doubler par une Renault.

 

Je parlais d’actes manqués au sujet de Webber, mais dans le genre, il se pose là, le couillu d’Oviedo. S’il en était un qui pouvait au moins s’immiscer entre les deux Red Bull, c’était lui (encore qu’il faille relativiser cette intuition par le fait que ces derniers ne sont que très rarement en tête des Essais Libres, avant de tout casser dès le samedi). Mais voilà, le nouveau héros de la Scuderia s’est vautré comme une bouse et à faible vitesse dans les courbes d’Ariane Massenet en EL3, ruinant probablement la seule éventualité de victoire que puisse s’offrir son équipe. A son crédit, une bonne idée, tout de même : se débarrasser de la question des pneus dès la première interruption de la course, ce qui lui permit de « sauter » pas mal de voitures lors de l’arrêt de ses dernières. A part ça, quelques dépassements dont on évitera de se gargariser parce que quand même, doubler des bidules roulant 2-3 secondes moins vite que lui, c’est bien le minimum pour un double champion, puis un rythme de course finalement extrêmement banal (en pneus certes plus vieux que ceux du peloton), mais comment savoir, dans le petit train Monégasque, quel wagon est le plus rapide ? Reste qu’il a semblé plus à même de retenir les Mercedes que d’aller chercher Hamilton non loin devant, et qu’il a frôlé le carton Rouge (son second du week-end) lors de la désormais fameuse ultime réaccélération du dernier tour. De quoi largement relativiser ses espoirs de domination. Massa, lui, s’est offert la course qui fait du bien par excellence : bon rythme, sans anicroche, de gros points. Il demeure le désagréable soupçon que la panne de cerveau de son équipier lui a peut-être évité une branlée de plus en qualifications, mais, au fond, il peut dormir tranquille en se répétant comme une douce litanie que rien de tangible ne le prouve.

 

Chez Renault, figurez-vous, voilà qu’on aurait presque l’air déçu de ne pas l’emporter. C’est que Robeurt Koubitza avait une nouvelle fois fait mouiller la ménagère en s’offrant une première ligne dont la seule chose qu’elle inspire est que Vettel est vraiment une grosse branque, parfois. De plus, son équipier Petrov atteint un tel degré d’incompétence qu’il est difficile de jauger la performance du Polonais. Il est néanmoins évident, à moins de postuler que les pilotes des écuries de pointes sont soudain devenus paraplégiques, que la position en haut de la hiérarchie de Monaco de Kubica doit pour bonne part à la forme étonnante tenue par sa monoplace propulsée par un moteur Renault dont TF1 ne cesse de nous venter la souplesse. D’ailleurs, les RF1 (bon, celle du Polak, surtout) ont figuré dans le haut du panier des vitesses de pointe durant tout le week-end, ce qui ne prouve pas grand’ chose mais laisse penser que cette monoplace savait envoyer du cheval de course dans les ruelles de la Principauté. Koub’ l’a de toute manière admis, ce ne sera pas Monaco tous les jours, on lui souhaite de s’être envoyé tout le champagne qu’il a pu dans les narines et d’en avoir fait des réserves, parce que la prochaine, c’est pas pour la Turquie, je peux vous l’assurer.

 

Pour Williams également, c’était le jour ou jamais. Bien placées sur la grille, dans leur ordre habituel (le vioque devant le minot), Barrichello réalisait même une envolée parfaite lui permettant de figurer 6e juste devant son ancien Leader qui n’en revenait pas d’une telle audace mais se révélait malgré ses pouvoirs Divins incapable de le dépasser. En fait, Williams est l’exemple typique de l’écurie qui refuse de crever alors même que la fatalité s’acharne sur elle en signaux de plus en plus clairs pour lui dire qu’il est temps d’arrêter. Deux monoplaces dans le mur, et de façon spectaculaire, l’une sur bris d’aileron après avoir heurté une HRT, et l’autre sur bris de suspension. Il y a comme une sensation de malédiction, qui laisse augurer le pire. Ah, attendez, j’ai oublié : Hulkenberg est nul. Voilà, ça va mieux.

 

Pour le reste ? Liuzzi a semblé moins minable ce week-end, devançant même Sutil en qualifications, ce qui va dans le sens de la théorie (à laquelle j’adhère) selon laquelle Sutil est une arnaque à la surévaluation. Buemi a comme il se doit dominé Alguersuari (dont on ne parle plus depuis qu’il ne bloque plus personne de notable). Les Sauber n’ont pas existé. Ah oui, aussi : Trulli a du mal à trouver le juste milieu entre bloquer comme un porc et ouvrir une voie royale, pas plus qu’entre patienter derrière une voiture et commettre un attentat. 13 ans que ça dure.

 

Voilà, on s'est quand même bien fait chier, avant l'incident, et la polémique, mais c'est Monaco, donc c'est bien quand même. C'est toute la différence entre s'ennuyer à l'ombre d'une barraque à frites à Palavas-les-Flots, et s'ennuyer au bord de la piscine d'un 4 étoiles en Californie. Une différence de classe (sociale, notamment).

Par Ouais_supère - Publié dans : Formula Ouane
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Vendredi 14 mai 5 14 /05 /Mai 22:56

J'imagine que vous avez déjà lu ça, Hamilton fait sa fine bouche lorsqu'on lui présente le palmarès de Schumacher. Figurez-vous qu'il ne mange pas du pain bénit de Dieu sous prétexte qu'il y a deux-trois grumeaux dans la pâte.

 

Il est gentil, mais un peu culotté. Déjà, on ne lui fera pas l'offense de rappeler les quelques polémiques dont sa carrière, quoi que fleurant bon l'acné juvénile, est déjà ornée de ci de là. Mais, surtout, on lui rappellera quel "sport" il pratique.

  Sans pour autant cautionner cet état de fait, la F1 est un sport où la victoire s'obtient en frôlant les limites, qu'elles soient physiques ou règlementaires.
De par leur conception, les F1 jouent elles-même sur cette dernière limite, d'où, d'ailleurs, les nombreux débats que j'ai franchement le flemme dénumérer sur "l'esprit de la règle" par opposition à "la lettre".

 Une bonne part du travail d'élaboration d'une voiture de ce type réside dans la recherche d'une faille règlementaire.
Comment un pilote pourrait-il s'enorgueillir totalement et à coup sûr d'une victoire "propre et à la régulière" alors qu'il ne peut même pas garantir la légalité absolue de sa monoplace?
 A moins bien sûr de considérer dans un jolie lapalissade que sa voiture est conforme tant qu'elle n'a pas été déclarée non conforme.
 On est dans le "pas vu pas pris", le cynisme absolu.

Dans le pilotage, c'est un peu la même chose:
Un dépassement est propre si l'adversaire choisit de ne pas fermer la porte.
Un pilote ferme brillamment la porte si l'adversaire décide de ne pas forcer le passage.
Dès qu'il y a touchette, il y a polémique, généralement, car on joue sur l'interprétation du règlement, le règlement échouant souvent à trancher par lui-même.

 

Et, étonnamment, plus ça se passe haut dans le classement, plus ces polémiques sont promptes et la gachette des juges-observateurs sensible.

Comment Hamilton pourrait-il prétendre au firmament de la discipline tout en restant systématiquement hors de ces considérations? On lui concèdera que c'est un noble objectif, mais on lui souhaite surtout bien du courage.

Et la mémoire la plus courte possible.

La sienne comme la notre.

Par Ouais_supère - Publié dans : Perspectives
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Mercredi 12 mai 3 12 /05 /Mai 13:25

oreiller-traversinRrrrrrr !! Zzzzzz…. Rrrrrrr !! Zzzzzz… Rrrrrr!! Zzz… Mmh !?! Hein? Ah, c’est vous… 

  Désolé, je repensais à ce Grand Prix d’Espagne devant lequel nous passâmes 1h35 à vibrer de tous nos muscles, de tous nos os, de toutes nos tripes (« ah, c’était pour ça, la chiasse, après ? »), et je ne sais pas ce qu’il s’est passé, je me suis endormi. Pardon ? Oui voilà, comme dimanche après-midi à 14h01, c’est ça.

 

  C’était bien, hein ? Si si, c’était vachement bien, j’ai trouvé. Parce qu’on a enfin vu ce que cette F1 édition 2010 avait dans le ventre, ce qu’elle avait de mieux à nous proposer en conditions normales, et que, finalement, c’en est déjà fini de la mascarade. Voilà très précisément ce pour quoi vous payez. J’espère que vous avez goûté le petit roupillon offert par TF1, parce qu’il constituera désormais votre petit ordinaire bimensuel, si Jupiter veut bien nous lâcher un peu le ciré jaune.

 

Et puisque j’évoque les divinités du ciel, la transition est toute trouvée pour évoquer le seul point notable de cette abomination Barcelonaise à la gomme successivement dure et tendre : Dieu est de retour, et il est pas cont… En fait, si, ça ne va pas trop mal. On l’avait donné pour mort, enterré sous plusieurs mégatonnes de bullshit médiatique, Stirling Moss lui-même, entre deux chutes d’ascenseur, avait craché plusieurs fois sur sa tombe dont on disait que les fleurs elles-mêmes y étaient aussi en plastique que son palmarès.

Ross Brawn, au sortir d’une étape Chinoise calamiteuse de son champion, à faire passer les prestations de Mansell en 95 pour un retour victorieux, réunissait son staff de demeurés et exigeait une analyse précise de la situation. Le rapport de ses ingénieurs fut accablant :

« - Mais patron, regardez vous-même : la voiture est nickel chrome ! Voyez la structure, elle est à l’état neuf. Regardez comme ça brille, de part et d’autre de la fissure, on la dirait sortie d’usine !

- De part et d… de… de la QUOI ??!? »

10 hectolitres de postillons crachés, 37 vitres brisées, 2 cordes vocales pétées et 175 licenciements plus tard, Ross Brawn pouvait annoncer à Maïkeul que les choses devaient normalement rentrer dans l’ordre pour Barcelone, qu’en plus des modifications prévues il disposerait d’un châssis passé au marbre, et qu’il pouvait d’ores et déjà lustrer son fusil pour la chasse à la blondasse.

Ceci dit, ça n’a pas suffit, parce que les rancoeurs sont tenaces, à calmer les frondes absurdes des hérétiques, et l’argument massue que les zozos brandissaient tel un couperet, ne fut pas long à s’abattre : la nouvelle Merco est faite spécialement pour Mr Septuple et pas pour Rosberg. Oui, parce qu’il est de notoriété publique chez les débiles qu’il est tout à fait possible de concevoir une voiture toute entière selon les desiderata d’un pilote. C’est même tellement facile que la plupart des directeurs d’écurie y renoncent, refusant de l’emporter si facilement et de pénaliser le moins bon de leurs pilotes, par pur amour du sport. Mais là, Mercedes a craqué, parce que Mercedes veut absolument que Schumacher ait l’air d’être meilleur que Rosberg. C’est leur but, ils ne courent que pour ça. Et ils se moquent du fait que les améliorations apportées en Espagne ne leur aient pas permis de progresser dans la hiérarchie. Nico lui-même ait déclaré que la voiture était globalement meilleure et que tout allait dans son sens également (avant de faire preuve de son incompétence). Mais nous en reparlerons à Monaco puisque notre cher NiniRoro y retrouvera un empattement court, plus conforme à ce que le peuple croit bon pour lui.

 

Ceci dit, la prestation de Notre Maître à tous, c’était de la crotte en barre, quand même, ne nous égarons pas. S’il y avait une quelconque gloire à tirer du fait que Button soit incapable de vous attaquer, ça se saurait. Un Jenson Button qui, cette fois-ci, eut tout le loisir d’échouer à maintenir l’illusion de sa vitesse par des artifices stratégiques. Et Schumacher n’est pas une excuse, puisqu’il n’était nulle Mercedes pour empêcher le Briton de tenir le rythme d’Alonso jusqu’à leur arrêt respectif. Et pourtant, à l’arrivée, celui qui prend les points, c’est lui. Un magicien, qu’on vous dit. Son équipier Hamilton fit ce qu’il pouvait faire de mieux durant cette longue sieste, c'est-à-dire reluquer la croupe généreuse des Red Bull et se masser lentement l’entrejambe en rêvant d’en conduire une un jour. Alors que son onanisme se faisait plus frénétique (en témoignent ses temps eu tour) et que l’orgasme était proche, sa McLaren, jalouse d’une telle infidélité onirique, le giflait sèchement de sa jante avant gauche. A noter, parce qu’il faut rire un peu dès qu’on en a l’occasion, la double pleurnicherie de ces deux guignols. D’abord, Hamilton qui fustige la dangerosité du comportement du pauvre Di Grassi lors de sa sortie des stands, Di Grassi qui pourtant serait monté en tribunes pour éviter de le gêner si sa Virgin était assez puissante pour ça. Lewis, s’il avait simplement regardé droit devant lui, aurait compris plusieurs secondes en avance qu’il fallait le passer par la gauche, au lieu de le découvrir au dernier moment et d’en remplir son calbute. Sauf qu’il ne regardait pas devant, mais fixait Vettel dans son rétroviseur. Ensuite, Button, qui ose geindre du dépassement de Schumacher, alors que sa manœuvre était si naturellement limpide qu’on aurait dit que le britannique ne jouait même pas dans la scène. C’est sans doute ce détail précis qui a vexé Jenson. Humez donc ce doux parfum d’impuissance émanant de leur bile vomie là, sur nos godasses.

 

Alonso aussi « fit le boulot », comme on dit : il est parvenu grâce à son esbroufe habituelle à faire semblant de pouvoir suivre une McLaren, ce qui permet au spectateur lambda de continuer à croire, via quelques incantations de chez Coué et quelque poudre aux yeux de chez TF1, qu’il a sa chance au championnat, alors que sa Ferrari est clairement inférieure à la monoplace de Woking, et donc à mille lieu des Red Bull. Son larbin Massa tenta de suivre son exemple, lui aussi est resté bien au chaud derrière une McLaren, mais celle de Button, pourtant ralentie par un déambulateur argenté, et sur laquelle il n’a jamais rien tenté. Absolument rien, le néant, nada. Massa, course molle et bourses molles ? Sa voiture ne lui convient pas, il est infoutu d’en utiliser les pneus, c’est d’accord, on l’a tous compris, et en effet c’est une excuse qui se tient puisque ses performances sont visiblement incohérentes en regard de sa carrière jusqu’ici. La question est : à qui croit-il donner envie d’agir en sa faveur chez Ferrari avec des prestations et un comportement d’une telle indigence ? On est à jeun de la moindre réaction d’orgueil de sa part, si ce n’est un coup de gueule pathétique de timidité au sortir du dépassement par son équipier à l’entrée des stands à Shanghai. Mais mon pauvre Felipounet, ce jour-là, lors de cette manœuvre précise, Alonso t’a littéralement pissé à la figure en guise de marquage de territoire. Et toi, tu n’as même pas eu ce légitime instinct canin de tenter de pisser plus haut encore (il n’est pourtant pas si grand Fernand), ou au moins de lui mordre les couilles. Eh bien tant pis pour toi, mon vieux, et espère en des cieux plus cléments pour 2011. Ailleurs. Pour ma part, je croyais que tu valais mieux que cette boue dans laquelle tu sembles te complaire.

 

Ce qu’il lui a mis, au Vettel, le grand Mark. Une branlée généreuse, constante, sereine, juste les coups nécessaires, pas un de plus, aucune effusion de sang superflue. A peine notre Sebounet se sentait-il pousser des ailes lors d’un tour un peu plus réussi que les précédents que l’Australo lui balançait violemment une poignée de dixièmes en pleine face au suivant. Si Webber avait des nerfs et un cerveau, il aurait les moyens de faire sauter à la dynamite cette hype mastoc et ridicule entourant le « prodigieux » Vettel, dont on sait que la vitesse sur un tour est celle d’un Buemi, c’est à dire que lorsqu’il est en forme, il peut coller 2 dixièmes à Bourdais. On accordera au teuton, parce que c’est trop cruellement facile de faire pleurer un enfant, que sa prestation au volant d’une F1 délestée de ses freins, et alors même que le staff Red Bull, à court d’argument pleurnichard à son intention pour qu’il accepte de ralentir, cherchait frénétiquement dans le règlement un moyen de se décharger en cas de mort de leur pilote, mérite le respect.

N’empêche, la saison est pliée, il ne reste plus qu’à espérer que la FIA se décide à reconnaître comme illégal l’aileron arrière flexible de cette fusée (ce qui ne manquera pas d’arriver si d’aventure sa domination devenait trop télévisuellement pénible) pour espérer un rebond de suspense.

 

Pour le reste, comme je le disais plus haut, ce Grand Prix D’Espagne a remis les pendules à l’heure concernant la hiérarchie réelle de ce plateau, et il est hors de question pour moi de me fader un topo complet simplement pour rappeler que Renault et Force India boxent dans la même catégorie (avec, tout de même, avantage aux premiers, mais seulement parce que Sutil est nul) et que la présence de Kubica si haut au classement mondial tient tout à la fois d’une insolence de Dame-la-Chance et d’une incapacité des cadors à tenir leur rang. De même, je ne perdrai pas une seconde à rappeler que Hulkenberg comme Petrov sont d’une lenteur désespérante, et que j’ai même honte d’évoquer Virgin et HRT  sur un blog consacré à la F1.

 

Rendez-vous à Monaco, pour du grand spectacle !

Non, je déconne, moi je pars en week-end en Camargue.

Par Ouais_supère - Publié dans : Formula Ouane
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Mercredi 5 mai 3 05 /05 /Mai 14:53

"Talk, talk. I've felt the coldness of my winter.
I never thought it would ever go. I cursed the gloom that set upon us."

Michael Schumacher (1969-2010), The Rain Song.

 

Eh bien, devinez quoi ? Il devrait pleuvoir à Barcelone.

De quoi doucher les espoirs insensés de ceux qui, invariablement, misent sur le retour en Europe, bardés de leurs (r)évolutions en carton, crevant de fierté du bon tour qu’ils s’apprêtent à jouer à la concurrence, sans songer un instant que cette concurrence est très précisément dans le même état d’esprit.

Ainsi, Barcelone devrait, comme il est traditionnel pour elle de le faire, nous apprendre que rien ne devrait fondamentalement changer de la hiérarchie actuelle. N’ayez pas peur, l’écurie Red Bull sera championne devant McLaren, elle-même devant Ferrari, et nulle Mercedes à tignasse blonde en voie de dégarnissement ne devrait venir jouer trop méchamment les trublions.

 

Ferrari étrennera vraisemblablement son moteur modifié, pour prouver plus sereinement et de bout en bout de chaque Grand Prix qu’il n’y a rien à craindre d’autre de sa part que de pisser de rire devant quelque bourde stratégique ou crêpage de chignon entre les nouveau Harpo & Groucho de la discipline. D’ailleurs, Alonso a déclaré, en grand spécialiste de Ferrari, au Corriere Della Sera (papier italien), que l’équipe était plus libre de ses mouvements depuis le départ du Michael Ier, ce qui promet fort dans la gaudriole.

Hamilton, lui, a prédit pour Autosport que la McLaren allait monter en puissance grâce à ses précieuses améliorations, mais que, quand même, si la course avait lieu en conditions sèches, alors ça allait être très compliqué. Ben zut alors. Enfin, heureusement, il pleut.

D’après le rain-munster Sutil, sa Force India devrait aller plus vite dans les virages lents, ce qui tombe bien puisqu’il y en a trois à Barcelone, circuit où il est important de tenir la route dans les courbes rapides.

Chez Renault, l’enthousiasme est non feint : Kubica, au sujet du Grand Prix à venir, rappelle que 40pts depuis le début de saison, c’est déjà très bien. Ca promet, donc.

Red Bull n’aura pas de F-Duct, et ne promet que 3 dixièmes au tour de progression à Barcelone, mais ça n’a aucune importance, parce que ce qui compte vraiment, c’est que le Red Bull Cliff Diving World Series (en gros, des blaireaux qui plongent de très haut en faisant des figures) a eu lieu à Fort Boyard il y a quelques jours. 

Les Toro Rosso devraient mieux freiner à Barcelone, à la probable demande d’Alguersuari, qui jouera à domicile son habituelle partition défensive. Buemi aurait, après débat houleux, obtenu de ses roues avants qu’elles arrêtent de se faire la gueule et consentent à tourner dans la même direction durant les trois jours.

Toujours de l’aéro en mieux chez Williams, notamment de nouveaux rétroviseurs, pour mieux contempler son glorieux passé. Hulkenberg connaît bien ce circuit de Catalogne, il devrait mettre cette expérience à profit pour tenter d’ébranler Rubens, parce qu’il serait temps qu’on entraperçoive enfin ce qu’on nous avait promis avec dithyrambe à son sujet.

Chez Sauber, l’optimisme règne puisque James Key, qui vient d’arriver, nourrit après deux-trois coups de clé de 13 le solide espoir de faire de cette poubelle une brouette potable d’ici la fin de l’année, mais il précise, pas fou, que c’est pas pour tout de suite quand même, et bon, au cas où, ils ont déjà commencé à bosser sérieusement sur la monoplace de 2011.

Lotus se dotera d’un nouveau package aérodynamique et se lancera à nouveau à corps perdu dans la conquête du titre tant convoité de « meilleure voiture que la Virgin ». Titre que convoite l’équipe Virgin elle-même, également, soit dit en passant, mais une voiture après l’autre seulement, puisque seul Timo Ré devrait bénéficier du nouveau réservoir (plus gros), et envisagera ainsi de passer la 5e dans les portions où ça descend un peu, en soulageant ses freins.

Enfin, chez HRT, on a surtout bossé à améliorer les pilotes d’essais, et le nouveau package aérophage flatulent devrait comprendre Chrsitian Klien.

 

Voilà qui promet.

Par Ouais_supère - Publié dans : Formula Ouane
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Mercredi 28 avril 3 28 /04 /Avr 13:43

Afin d'assurer ses pouces (qui pourtant jamais ne tourneront aussi vite que ceux de Raikkonen), Fernando Alonso a dû débourser la somme de 10 millions d'euros, ce qui est exorbitant.

A propos d'orbites, Felipe Massa aurait refusé de lui prodiguer le moindre conseil pour s'assurer à l'oeil.

Par Ouais_supère - Publié dans : Bréking niouze
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Mercredi 21 avril 3 21 /04 /Avr 13:05

« Est-ce que je peux dire que j'ai trouvé ça à chier ? »

Philippe Manœuvre chine.jpg

 

Oui, sans doute puis-je le dire aussi. Sans doute ne serez-vous pas d’accord, puisque, je l’imagine encore, vous avez du vibrer et en tremper vos caleçons, de ce spectacle ahurissant, qui, pour la postérité, portera le nom de 2010 Formula One Chinese Grand Prix. Ahurissant, et navrant. Une nouvelle fois la glorieuse incertitude du sport fut foulée au pied par son ersatz, le Dieu Nawak, seule voie pénétrable pour scotcher le lambda, le quidam, le clampin, sur son fauteuil Ikea encore une paire d’heure de plus dans l’espoir de lui vendre quelque rasoir Gilette.

Et une nouvelle fois ce ne fut pas la pluie qui trempa les visières, en ce doux week-end asiatique, mais bien les larmes versées par une F1 claudiquant à côté d’elle-même, contemplant, comme extérieure, sa lente agonie. Celle qui pourtant dure depuis quelques décennies, mais à laquelle on ne saurait s’habituer. Des sanglots convulsifs, irréguliers, et qui semèrent une panique dont les cyniques eurent le culot de se réjouir, oh, comme c’est joli, bravo bravo, toutes ces voitures et leur ballet absurde. Au loin, à l’autre bout, en Islande, seul l’Eyjafjöll osait s’insurger. Et depuis, à défaut d’avion, un ange passe.

 

Vous étiez de ceux qui ont compté le nombre d’arrêts au stand pour chaque voiture afin d’en évaluer la performance ? Vous avez croisé temps au tour, état de la piste, et choix de pneumatique, vous vous êtes vraiment donnés cette peine ? Et vous avez manié la triangulation, bien entendu, comme d’autres manient leur sexe usé par les fréquents supplices qu’ils lui infligent, pour le plaisir d’en voir gicler un argument massue affirmant haut et fort que oui, leur petit chouchou l’a emporté, ou que non, ce même guignol n’a pas mangé sa branlée ni ne s’est enfui pleurer chez sa maman ?

Remarquez, oui, on peut. Moi je m’y refuse, catégoriquement, mais on peut. Mais on peut aussi considérer que quitte à se prendre la tronche et le reste à deux mains pour quelque chose qui n’a ni queue ni tête, il y avait sans doute meilleur choix que ce triste Grand Prix de Chine. Vous savez, j’y ai bien  réfléchi, et je crois vraiment que votre problème, c’est que vous n’avez pas de vie.

 

La pluie a un avantage, accordons-le lui, c’est qu’elle gomme (c’est le cas de le dire), lorsqu’elle est constante, ce problème à la gomme (et de deux) de gestion des pneus, et d’obligation d’user de deux spécifications différentes durant la course. En fait, elle supprime surtout cette ridicule histoire de pneus tendres en sucre, conçus pour durer le temps pour un pilote de rejoindre son adversaire, mais pas plus, surtout pas, ce qui fait qu’une fois dans ses fesses il n’aura plus rien à faire d’autre que chialer par radio en essayant de ne pas se fiche dehors. Pour le spectateur, dans le genre coït interrompu, ça se pose là.

Sauf que la pluie, ce week-end, était loin d‘être constante ou suffisamment drue pour détremper la piste, ce qui fait qu’il fallut changer mille fois de train de pneumatiques, en alternant durs et intermédiaires. Les pneus « intermédiaires », en voilà encore une perversion moderne, probablement née du cerveau malade de l’un de ces cons de centristes. Encore une idée à la « pourquoi pas », pour ceux qui n’ont pas assez de couilles pour poser clairement une décision à un moment crucial donné. Les mecs : il pleut, ou il pleut pas. C’est mouillé par terre, ou non. Tu sais rouler dans des conditions précaires, ou pas.

Des types de pneu, en course s’entend, il en faut deux : un pour piste sèche, mais un vrai, qui crame pas en dix tours sous prétexte que le pilote a eu le culot de vouloir vraiment faire son métier, et un pour piste mouillée. Le reste, c’est du gadget, du folklore, de la frime de manufacturier, et surtout de la manipulation des instances pour créer un spectacle factice en multipliant les possibilités pour une équipe de se vautrer.

 

Mais je m’éloigne du sujet, à savoir cette bouse télévisuelle à laquelle nous avons assisté. Personnellement j’ai préféré Transformers 2.

 

Que dire ? Remarquer, par exemple, que Lewis Hamilton a trouvé son nemesis, son ennemi le plus pur, en la personne de ce sale cafteur de Jenson Button, probablement collaborateur secret de la FIA (« ouin, Alonso y m’a volé mon départ, faites quelque chose, bouhouhou... »). On croyait que son plus grand rival était l’espingouin d’Oviedo, la faute à une parodie de saison 2007 où les deux se sont si bien neutralisés qu’ils sont parvenus à donner le titre au pilote qui s’en foutait le plus de tout le plateau. Mais s’ils se sont neutralisés, c’est juste parce qu’ils sont les mêmes, au fond : deux gros bourrins qu’on pourra trouver exaltants si on est du genre à préférer un maximum de watts RMS à la pureté d’un son, d’autant plus qu’à présent que la bride semble s’être relâchée concernant les pénalités en course, et que l’un comme l’autre peut désormais se laisser aller à des coups que je ne qualifierai pas de pute par respect pour les filles du plus vieux métier du monde (qui ont déjà suffisamment à faire avec nos Bleus du foot, apparemment) sans craindre pour leur matricule. Jenson Button, donc, ce héros, c’est autre chose. C’est Droopy, au fond. Hamilton peut déployer des trésors de vitesse pour lui échapper, le doubler 15 fois, invariablement lorsqu’il monte sur le podium, Button est déjà dessus. Son talent est double : il sait s’il pleut ou pas (si si, respect, j’ai pas l’impression que ce soit si répandu), et il est trop pétochard pour prendre le moindre risque sur la piste, ce qui fait qu’à l’arrivée sa voiture empeste la peinture neuve (ça fait des trous dans le cerveau, de respirer ça, d’où ses cris de célébration maniaque en fin de Grand Prix) et ses pneus sont encore sous blister (or, je ne vais pas y revenir, le problème de la F1, c’est qu’elle est une compétition pneumatique). Autrement dit, il est l’exact opposé de Louie Louie, le lièvre de la fable, qui passe des courses entières à doser tout le monde au chronomètre sans jamais l’emporter. En attendant, le duo Senna-Prost du pauvre, c’est chez McLaren qu’il se trouve, il faudra bien s’en contenter.

 

On peut noter le podium de Rosberg, peut-être le pilote le moins excitant du plateau. On le notera surtout, en fait, pour pouvoir se repaître de la course calamiteuse de son illustre équipier, donc les couronnes semblent peser de plus en plus lourd sous son siège. Cette Mercedes exige un pilotage à l’opposé de ce que Schumacher préconise, et si à une époque la voiture aurait immédiatement présenté ses excuses pour avoir fait preuve d’un tel culot hérétique, cette fois-ci elle n’a pas un regard pour son glorieux pilote. Cette connasse frigide ne tolère que la copulation dominicale en position du Sous-Virage (page 12 du Kama Sutra), et refuse, sous prétexte de migraine, de succomber avec son vieil amant aux plaisirs désormais interdits du Sur-Virage (page 13, mais je vous préviens c’est un peu dégueulasse hors contexte). A croire que les 41 balais, c’est elle qui les a dans le derrière.

Au passage, voilà la F1 d’aujourd’hui : selon qu’une voiture est adaptée ou non à votre style, vous serez puissant ou misérable. La conception d’une monoplace est une discipline tellement pointue qu’une fois la voiture vomie en l’état, il sera impossible d’en modifier le comportement sans lui faire perdre de vitesse. Mais je m’égare.

Et tous les vieux « anti » de refaire surface, jubilant, ils l’ont enfin, la preuve que le Grand Septuple était surestimé, favorisé par Ferrari, et qu’au fond il n’a jamais rien prouvé. Ils ont voie libre, les révisionnistes, ils peuvent cracher leur bile sur le seul évènement qui pouvait donner du sel à cette parodie de compétition, se réjouissant que la F1 oublie son passé pourtant proche et fasse l’apologie d’une jeunesse idiote sans respect pour ses aînés. Bref. Rosberg, 3e, n’existe que par comparaison flatteuse avec le vioque, d’autant plus aisément qu’aucun journaliste n’ira l’emmerder (pardon), lui, avec des histoires d’âge et de possible retrait anticipé. Puisqu’il éclate Schumacher comme il éclatait Nakajima, il y en aura pour conclure qu’aujourd’hui Schumacher vaut Nakajima, mais rien concernant Nico, qui n’existe pas.

 

 

Chez Ferrari, on retrouve une problématique similaire à celle de Mercedes. Que Fernande mette des secondes dans la vue de Massa (c’est bien de cela que l’on parle, de secondes, au tour, entre les deux) au cours d’une course erratique, et l’on croira détenir la Vérité sur le niveau réel et respectif des deux belligérants. Non mais vous écoutez Malbranque, vous l’entendez, ce mec-là ? Et il n’est pas seul. Il en reste, et heureusement, pour préciser que d’évidence, le brésilien est en délicatesse avec cette voiture, comme l’est Schumacher avec la sienne cette saison, et que sa prestation minable (il faut bien l’appeler par son nom, et ce malgré le fait qu’il ait dû patienter derrière son équipier pour changer ses pneus) ne saurait refléter son niveau réel. Enfin, du temps de la grandeur (même pas déclinante) de Michael Ier, il n’y en avait plus que pour Alonso et Raikkonen, que l’on goûtait de mettre côte à côte dans la conquête du renouveau de la F1. Oui, côte à côte, quasiment, ils étaient les deux meilleurs, disait-on. Une fois prouvé par trois (saisons) que Massa valait le finlandais, il faut donc déduire aujourd’hui qu’Alonso aurait collé à Raikkonen une avoinée chronométrique similaire. D’accord ? Ah mais attendez, ça n’est pas fini : quelle grande nouvelle porteuse de tous les espoirs voit-on germer dans les media ? Raikkonen reviendrait en 2011 pour sauver la F1 chez Red Bull. Partant de ma démonstration (certes extrêmement schématique) précédente, si on veut être cohérent, bordel, qu’attend-t-on de ce mec-là ?

Que l’on soit bien d’accord, ceci n’est absolument pas un argumentaire à charge du finlandais, dont je n’ai, vraiment, que faire, il ne m’intéresse pas. Je montre simplement que si on espère le retour gagnant de Raikkonen face à un Vettel pourtant révéré, on n’a, intellectuellement, pas le droit de dénigrer un pilote qui le vaut sensiblement en prétendant que ses difficultés actuelles sont la démonstration d’un manque de talent.

Alonso, pour sa part, a fait ce qu’on attendait de lui : une course d’attaque totale agrémentée d’une bévue au départ et d’une manoeuvre minable (j’insiste) à l’entrée des stands sur son équipier. Pardon ? Ca râle dans le fond ? Ben oui, dépasser de cette façon, au mépris de la plus élémentaire morale, c’est minable, et ça fleure bon l’aveu d’impuissance. Mais c’est votre définition d’un « attaquant », je le sais trop bien. Reste que la Scuderia est sienne, à présent, pour le meilleur ou pour le pire, et qu’il faut lui souhaiter que cette dernière fasse preuve d’un peu plus de clairvoyance stratégique (tiens, même sans les fameux conseils foireux de Schumacher, ils font des âneries ?) s’il veut jouer sa carte au championnat.

 

Remarquons aussi la remarquable et remarquée catastrophe Red Bull. Un départ abominable de Vettel, une stratégie ratée (j’ai dit que je ne rentrerai pas là-dedans en détail), encore un soucis aux stands pour Webber qui en plus s’est fait sortir par Hamilton (lui-même peut-être tassé par Vettel, à revoir, mais ce serait plutôt tragicomique pour l’australien tellement sa saison prend des allures de sacerdoce), puis une démonstration de lenteur en fin de course, Vettel infoutu de dépasser Kubica (merci les pneus en mousse qui s’émoussent), et Webber qui s’humilie en solo (merci les pneus mousses encore, mais encore plus rapidement), dépassé par Petrov, rejoint par Massa. Une nouvelle fois l’australopathétique avait fait sensation aux essais, la pole lui était promise, mais le minot lui a chouravé en dernière minute. Pour la suite, déstabilisé peut-être (il lui en faut peu), il était à la rue. Il faisait peine à voir, à l’arrivée, d’autant plus que, comme je l’ai évoqué, son remplacement (la F1 est connement méchante) serait déjà prévu. Oui, Red Bull, c’est la recherche de l’esbroufe. A tout prix. Ils possèdent un duo d’une homogénéité rarement atteinte en terme de vitesse pure, leur voiture est la meilleure, mais voilà, parce qu’ils ont vu un truc qui brille au loin (une Citroën en tonneau) et qu’ils n’ont pas, ils vont tout bousiller de l’équilibre précaire que constitue une écurie de Formule 1 pour l’obtenir. Mais qu’attendions-nous de la part d’une pauvre équipe de soda pour skater à la con ? Il ne reste plus qu’une chose à espérer : que Vettel et Webber se détestent et s’accrochent course après course, afin que Red Bull disparaisse dans les limbes du classement, celles qu’ils n’auraient jamais dû quitter.

 

Le reste ? Je m’en fous. Petrov est lent, je l’ai déjà dit, ça s’est vérifié, mais comme il est porcasso-spectaculaire, vous l’adorez. Peut-être parce qu’il court chez Renault, aussi, et que chez Renault ils ont investi dans des cerveaux, apparemment, vu leur constance dans une médiocrité tolérable et rentable. Sutil malgré la météo, n’a pu montrer que son véritable niveau, soit pas grand-chose. Hulkenberg est à nouveau nul, enfin, corrigé par un vioque qui mérite mieux que cette historique poubelle (pauvre Williams, il fallait bien payer son tribut à la fatalité pour avoir donné un titre à Villeneuve, mais ça commence à être long, là). Basta.

 

Trois semaines entre cette calamité et le retour en Europe, celui que l’on vend traditionnellement comme celui de tous les changements de hiérarchie. On sait d’avance qu’il n’en sera rien, mais il vaut mieux gober cette pilule-là pour assurer à Bernie Ecclestone notre présence léthargique devant l’écran une fois de plus. Vous y serez, n’est-ce pas ? Mais achetez-vous une vie, bon sang…

Par Ouais_supère - Publié dans : Formula Ouane
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Jeudi 8 avril 4 08 /04 /Avr 10:41

 

Je me permets de vous déranger un instant dans vies mornes et misérables, pour vous faire part d'un détail qui m'a ému parce qu'empli de pitié:

Dans les 30 derniers jours, voici quelques statistiques sur la provenance des visiteurs libres de ce merveilleux blog via Google, autrement dit ce que vous avez tapé dans Google pour parvenir ici:

owned5.jpg


schumacher double vie 38 (c'est le record)
double vie schumacher 32
la double vie de schumacher 5
double vie de schumacher 5
double vie shumacher 3
michael schumacher double vie 2
schumacher à une double vie 1
double vie schumarer 1
schumacher sa double vie 1
schumacher la double vie 1

(Notons que nous avons ici les visiteurs mainstream, les connaisseurs, eux, ont l'adresse bien au chaud dans leurs favoris.)

Je fais l'impasse sur la globalité du compte-rendu d'OverBlog, mais je vous garantis que ce thème représente la majorité des requêtes, puisqu'en plus, j'ai laissé certaines redondances à une unité de côté.

Alors, je voudrais croire que ces gens-là ont eu vent via les chuchotements de la toile du fameux article du méchant Nicklaus sur le sujet, mais, allez savoir pourquoi, j'ai un doute.
Des statistiques effarantes, donc, qui m'amènent à une question:

Qu'attendez-vous de la double vie de Schumacher, exactement?
Qu'il vous en prête une des deux, vous qui n'en avez manifestement pas?

Une remarque: en ce moment, quel "évènement" fait le plus parler de lui dans les media? Je vous le donne en mille: la double vie de Nicolas Sarkozy. Ce qui me permet de penser que les résultats dont je vous fais part sont le juste reflet de votre mentalité (notez: je dis "vous", "votre", mais que ceux -les rares, quoi- qui n'ont pas versé dans ce genre de voyeurisme ne se sentent pas attaqués ici).

Voilà l'affaire.
Vous avez internet, l'accès à une base de donnée vous permettant un enrichissement culturel inimaginable il y a encore quelques décennies, vous pouvez tout savoir de ce qu'il y a à savoir pour que vos choix, vos décisions, vos engagements soient les plus pertinents. Vous avez accès à tout ce qu'il se doit pour vous aider à devenir des êtres Justes, Bons, Humains, Moraux, j'en passe.
Et voilà ce que vous en faite.
Autrement dit: on vous donne les océans, les plus grands navires pour les traverser, et vous continuez de bouffer des moules crues sur les rochers. Et la pire de nos proses de prendre soudain des allures de confiture, vous dans le rôle des cochons.

Vous êtes ici sur un blog vulgaire, con par plaisir, et on pourrait croire que vous vous délectiez de ce qui s'y passe par amour du second degré. Mais non, si vous êtes ici, c'est juste que notre vulgarité potache rencontre la votre, moins potache, juste reflet de votre petitesse, et j'espère qu'à présent vous rougissez qu'elle fut ainsi découverte et exposée.

Pour conclure, un petit aparté mais qui reste dans le sujet question vulgarité:
Je tiens à féliciter les minables qui préfèrent nous insulter de loin, à l'abri dans leurs petits forum bouseux, plutôt que de venir ici le faire (degré 1 de réflexion), ou même, venir discuter ici pour tenter d'exposer leur point de vue et d'en débattre (degré 2, mais j'en demande beaucoup).
Oui, Overblog permet de voir ça, aussi. Coucou! Je vous vois!
Le plus drôle, c'est que parmi ces gens-là figurent des têtes connues qui lêchent Mr Froissart sur son blog jour après jour, mais se moquent bien de lui et ses opinions une fois planqués ailleurs dans leur bouiboui. Donc à l'avenir, faites gaffe, hein, médisez par MSN.

Mais, après tout à quoi bon. On ne vous changera plus, maintenant.

Par Ouais_supère - Publié dans : Perspectives
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